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Assurance pandémie : un pool public-privé est-il envisageable?

C’est à partir d’événements inédits que bien souvent les choses changent, créant des précédents. Nul ne doute que le Covid s’inscrira (et s’inscrit déjà) comme un cas d’école, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur le plan privé comme professionnel. Pour la première fois, tous les secteurs sans exception furent impactés par la crise. Dans ce contexte, les assureurs ont plus que jamais eu un rôle à jouer. Mais de quelle manière ? Qui pour assurer quoi ? Là où le risque pandémie n’était jusqu’alors couvert que dans des domaines bien précis comme la restauration, soudainement il s’agit d’assurer tout le monde. À la charge de qui ? Des propositions commencent à émerger du côté privé comme public pour (re)penser la manière d’assurer les pandémies, subitement devenues un risque majeur et globalisé.

 

Fanny Eyraud, directrice et fondatrice de PSPI donne son avis et apporte des éléments de réflexion sur ce qui, à l’avenir, devrait être fait en cas de nouvelle vague

Face au risque de futures pandémies, le CEO de Bâloise plaide pour la création d’un pool d’assureurs répartis entre public et privé. Qu’en pensez-vous ?

Sur le principe, je suis 100% d’accord avec lui. Cela a été fait en 1978 avec la création d’un tel pool regroupant 18 établissements cantonaux d’assurance des bâtiments pour la couverture des dommages sismiques. Dans cet exemple, on voit que ce sont des assureurs spécifiquement dédiés à ce secteur qui se sont regroupés. Toutefois, ce qui est très compliqué avec le risque pandémie c’est que normalement les assurances se font par secteur. Or, avec la pandémie, ce sont tous les secteurs qui sont touchés en même temps. Comment fait-on au niveau des fonds ? Aucun assureur privé n’a assez de fonds pour assurer tous ses clients simultanément contre un risque majeur de tel ampleur et impact. Et, de l’autre côté, le problème avec les fonds étatiques réside principalement dans leur réactivité. Un mix entre les deux est donc l’idéal : à la capacité de réaction du secteur privé vient se greffer la capacité en termes de fonds du secteur public.

Pour reprendre les mots du CEO de Bâloise : les coûts d’une éventuelle deuxième vague de Coronavirus ne pourront pas être portés économiquement par les assureurs privés.

 

Le pool risques sismiques garantit à ce jour une couverture de deux milliards de francs, plus deux milliards supplémentaires en cas de second tremblement de terre survenant la même année. Quelle pourrait-être le montant d’une couverture pandémie si un pool similaire voit le jour ?

Selon moi, l’idéal serait que les assureurs couvrent jusqu’à par exemple 1 million, et qu’ensuite le surplus soit couvert par le secteur public.

 

Est-ce qu’un partenariat dépassant les frontières pourrait-être possible ? 

Oui, mais pour autant qu’une instance de niveau « méta » soit désignée pour jouer le rôle de régulateur. Je pense ici au marché des Lloyd’s, qui endosse déjà cette fonction avec des assureurs et des personnes morales assurant conjointement des risques sous le contrôle de cette instance. Étant par définition international, ce marché pourrait donc réguler un pool pandémies si celui-ci voit le jour.

 

À votre avis, comment le secteur de l’assurance privée va-t-il évoluer suite à cet évènement inédit ?

Il faut que les acteurs de l’assurance, du secteur privé comme public, se modernisent dans leur manière de penser pour aller plus loin ensemble. Il faut miser sur les compétences de chacun et sortir d’une logique « public contre privé ». Brainstormer, échanger entre secteurs me semble être aujourd’hui plus que nécessaire, d’autant plus avec la menace d’une seconde vague !

Mais, encore une fois, je persiste à dire qu’une instance de régulation est primordiale. Et à ce sens le marché des Lloyd’s me semble être le plus à même de remplir ce rôle. Mais l’impulsion doit d’abord venir des pays eux-mêmes. Reste à trouver qui donnera le feu vert, et qui acceptera de se mettre autour de la table.

 

Crédit photo : © Alexandra Koch / Pixabay

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